2018 International Women’s Rights Award with Julienne Lusenge

Congolese activist Julienne Lusenge who fights rape as a weapon of war is awarded the 2018 Women’s Rights Award before addressing the 10th Annual Geneva Summit for Human Rights and Democracy – see quotes below, followed by full prepared remarks.

On protracted war in the Democratic Republic of Cong (DRC):

“Before I came here my son said to me ‘when I was born there was war and there is still war.’ I said we are fighting for our grandchildren.”

On rape in the DRC:

“The DRC is not the capital of raped women, it is the capital of courageous women who are fighting, showing solidarity to defend their rights, to defend the cause of peace.”

“The women come to us as victims, and after working with us, they become survivors and they become agents of change.”

“A three-year-old child was raped by four adults, and she immediately died. We decided to bring the case to the court.”

“Sexual violence as a weapon of war is used to intimidated people.”

On the danger to women’s rights activists in the DRC:

“In 2008, one of our colleagues was attacked, was hit by a machete merely because we have tried to work for peace.”
“We have had to move from one village to another.”

Full Remarks in French. See below for English.

Depuis plus de 30 ans, la RDC est en proie aux conflits armés, et les corps des femmes sont les champs des batailles, plusieurs déplacés internes et des morts  innocents; 

J’étais une Journaliste quand nous avons créé  notre organisation SOFEPADI à la demande des femmes en  avril 2000 à Bunia ,dans une région en proie aux guerres interethnique .

Nous avons décidé de travailler pour la paix, la promotion et la défense des droits des femmes et des filles.  Au début, nous avons cotisé nous même pour réaliser nos activités et assister les victimes des violences sexuelles  et  des guerres alors qu’il s’agissait encore une question taboue. Les femmes sont venues vers nous pour dénoncer les violences sexuelles dont elles étaient victimes. Convaincue que :il n’y a pas de paix sans justice, nous avons commencé à porter les cas devant la justice. Un cas qui nous avait vraiment révolté : une fille de 3 ans ,violée  par 4 adultes, elle a succombé  sur champs dans un village à Beni en 2002. Ce cas a été le déclencheur de notre combat pour la justice. 

Dans le cadre de sa mission de promouvoir la paix, promouvoir et défendre les droits des femmes et filles, SOFEPADI travaille dans la résolution et transformation des conflits. SOFEPADI a un Centre médical à Bunia, qui nous a été cédé par MSF. SOFEPADI offre les services holistiques aux victimes : prises-en charge médical, psychologique, judiciaire et socio-économique. Nous soignons toute la femme entière. Elle vient à nous comme victime de la violence, devient une survivante dans le processus, et finit comme un agent de changement pour son village. Grace à la sensibilisation dans les villages et à travers les radios communautaires locales et la mobilisation  de la population à soutenir et accompagner les victimes, les victimes connaissent notre travail et viennent demander les services. A cause de distance et l’insécurité, nous payons les frais de transport pour que les victimes arrivent au centre et rentrent  sans problème ,il n’y a pas de transport public.   Nous devons payer les frais de justice en Rdc pour permettre à la victime de se constituer en partie civile, payer 7% des frais de dommages intérêt pour avoir la copie du jugement. Nous payons aussi les avocats qui assistent les victimes en justice. Nous payons les frais d’accouchement et de soins de fistules comme nos médecins ne sont pas encore formés. Les enfants nés du viol ou victimes de viol sont scolarisés par SOFEPADI. Une écoute active et un suivi permanant sont assurés par le psychologue. Nous organisons aussi l’échange d’expérience entre les victimes, les formations sur les droits et les lois qui répriment les violences sexuelles. Les victimes participent à la lutte, elles suivent leurs dossiers aux tribunal, formées sur la loi ,elles deviennent des para juriste, en groupes de solidarité, elles accompagnent et assistent aux audiences, sensibilisent les autres à dénoncer.  Certaines apprennent les métiers, d’autres exercent les activités génératrices de revenu, elles offrent ainsi les services dans les communautés et s’intègrent,  SOFEPADI lutte contre l’impunité des crimes de violences sexuelles et toutes formes des violences contre les femmes et les filles. Pour rapprocher la justice des justiciable et prévenir les violences sexuelles, nous facilitons l’organisations des tribunaux mobiles dans les villages,  en prenant en charge tous les frais( transport, logement, restauration des victimes et témoins, des juges et tous leurs suites,) nous mobilisons  la population à assister à l’audience.   Nous avons plusieurs dossiers gagnés aux tribunaux nationaux, certains auteurs sont en prison mais plusieurs condamnés s’évadent . Malgré cela ,nous ne nous décourageons pas. Au niveau de cour pénal international, nous avons aussi accompagné les femmes mais la CPI a déçu ,les violences sexuelles n’ont pas été pris en compte malgré la demande de participation et témoignages des femmes . Mais nous n’abandonnons jamais l’espoir. Le grand défi reste la réparation même le gouvernement congolais ne paie pas pour les dossiers où il est condamné in solidum. 

Sécurité et lutte contre les violences sexuelles 

La situation sécuritaire reste préoccupante, nous avons été attaquées par les milices et délocalisées plusieurs fois pour avoir porté la voix des victimes devant la justice internationale. Jusqu’à ce jour, les auteurs  nous prennent comme leurs ennemis et nous continuons à travailler ; En 2008, pendant que nous étions entre d’apporter les voix des femmes à La  Haye les cas , notre collègue à Bunia a été agressée par des coup des manchettes et une balle a été tire dans sa cheville.  Son mari et son fils ont été tabassés, la maison et tous les biens détruits.  Les autres collègues et moi, nous avons subi des  menaces de mort, violence physique et chaque fois nos biens ont été complètement pillé ou détruits. J’ai déménagé d’une ville à une autre, amenant ma famille, mon mari et 5 enfants avec moi dans la clandestinité depuis 2002 J’ai de la chance d’avoir une famille formidable qui soutient ce travail au milieu d’une telle folie. Mes enfants et mon époux me soutiennent beaucoup , 

Qu’elle est notre inspiration et motivation de ne jamais arrêter ce travail ? 

Les survivantes qui se relèvent : ex Léonie Wangivirwa : 51 ans après trois agressions sexuelles, accompagnée par SOFEPADI, soignée, suivi psychologique ,formée sur la loi ,ses droits, elle  est devenue  maintenant agente de changement pendant 2010 Elle accompagne les autres victimes au tribunal, sensibilisent les jeunes  et les populations en général sur les conséquences des viols. 

Les filles survivantes qui rentrent à l’école ,réussissent et obtiennent leur diplôme. Une fille orpheline m’a dit :avant de rencontrer SOFEPADI ,on me chassait tous les jours de l’école car mon grand frère ne voulait plus payer mes frais scolaires parce que j’étais violée. Mais depuis que je suis accompagnée par SOFEPADI , je ne suis plus chassée de l’école ,SOFEPADI paie mes frais scolaires ,SOFEPADI ,c’est ma famille. 

Une femme nous a dit aussi  : CONTINUER à organiser les chambres foraines ,ça nous redonne la dignité. Car lorsque ma famille et les membres de ma communauté  assistent à l’audience  et voient l’auteur condamné , ils comprennent que je suis réellement victimes. 

Les femmes congolaises ,leurs enfants ,toute la population congolaises ont beaucoup soufferts. Et le pays est de nouveau en équilibre sur un précipice avec un réel danger de grande violence balayant le pays pour une autre période de guerre. Les violences sexuelles ,c’est comme une toile d’araignée. [C’est un fléau. C’est aussi un symptôme de l’effondrement de la loi, et du statut absolument infime des femmes dans notre pays. Le viol est basé sur le pouvoir. Et  les pouvoirs pour les femmes dans cette équation est le suivant: les femmes: zéro, les hommes: le vainqueur prend tout. C’est pourquoi nous nous battons, c’est pourquoi nous travaillons jour et nuit, c’est pourquoi nous n’arrêterons jamais de travailler pour changer cette équation qui conduit TOUJOURS à la violence. Sans pour autant: Travailler pour la paix 

Lutter contre toutes les autres formes de violences faites à la femme [de ne pas pouvoir aller à l’école, d’être privé de protéines dans certains villages, de ne pas être en mesure d’ouvrir un compte en banque ou de démarrer une entreprise, de ne pas avoir la sécurité de marcher dans la rue sans violence sans la réparation de l’état des droits (éducation, justice, respect des droits de l’homme et de la démocratie), nous n’aurons jamais une paix active. Sans paix il n’y a pas de justice, sans justice il n’y a pas d’égalité, sans égalité il n’y a pas de dignité, le droit humain le plus essentiel de tous. 

Au nom de SOFEPADI, des femmes du Congo, je vous remercie pour ce prix car nous travaillons si durement dans l’obscurité complète. Nous vous remercions d’avoir reconnu cette lutte de 20 ans qui n’est pas encore terminée, d’avoir brillé et de partager l’espoir que cette bataille de femmes courageuses, fortes et indomptables prévaudra et que nous apporterons la paix dans notre belle terre. 

Merci.  

Full remarks in English.

For more than 30 years, the Democratic Republic of Congo has been plagued by armed conflict. Bodies of women are lying on the battlefields, many people are internally displaced and many innocent are dead. 

I was a journalist when we created our organization SOFEPADI (“Solidarité Féminine Pour La Paix et le Développement Intégral”) at the request of women in April 2000 in Bunia, in a region plagued by inter-ethnic wars.

We had decided to work for peace, the promotion and defense of the rights of women and girls. In the beginning, we committed ourselves to carry out our activities and assisting the victims of sexual violence and wars when it was still a taboo issue. Women would reach out to us to denounce the sexual violence they were the recipients of. As we were convinced that there is no peace without justice, we began to bring cases to the courts. A case that we were really appalled by: a 3-year-old girl, raped by four adults, died on the fields in a village in Beni in 2002. This case was the trigger for our fight for justice. 

As part of its mission to promote peace and defend the rights of women and girls, SOFEPADI works in conflict resolution and transformation. SOFEPADI has a medical center in Bunia, which was given to us by Doctors Without Borders. SOFEPADI offers holistic services to victims: medical, psychological, legal, and socio-economic care. We care for all aspects of a woman. She comes to us as a victim of violence, becomes a survivor in the process, and ends up as an agent of change for her village. Thanks to the sensitivity in the villages and through the local community radios and the mobilization of people to support and help, the victims have come to know our work and reached out to ask for our services.

Because of the distance and the lack of security, we pay the transportation costs so that the victims arrive at the center and return with no problems. There is no public transport. We must pay the court costs in the Democratic Republic of Congo to allow the victim to bring a civil case action and then pay 7% of the costs of damages to have a copy of the judgment. We also need to pay the lawyers who represent the victims in court. We pay the cost of childbirth and the supplementary blood drives that might be needed. Our doctors are not yet trained. Children born of rape or victims of rape are supported by SOFEPADI. A talking session and a follow-up are provided by the psychologist. 

We also provide for the exchange of experience between victims and training on the rights and laws that punish sexual violence. The victims participate in the fight and they follow their cases in court. Some of them train on the law, they become paralegals, they help in solidarity groups, and they accompany and attend hearings, while also spreading awareness. Some learn trades, others carry out income-generating activities, thus offering services to the community. SOFEPADI fights against impunity for crimes of sexual violence and all forms of violence against women and girls. To bring justice closer to litigants and prevent sexual violence, we facilitate the organization of non-permanent courts in the villages, covering all costs (transport, accommodation, catering for victims, witnesses, and judges), while also mobilizing the public to attend the hearings. We have won several cases in national courts and some perpetrators are in prison. However several convicts are still free. Despite this, we are not discouraged. We have also brought women to the International Criminal Court. The ICC has disappointed, however, as sexual violence has not been taken into account despite women’s request for participation as witnesses. But we never give up hope. The big challenge remains for the reparations from the Congolese government that are still not paid, even though the State is required to do so.

Security and the fight against sexual violence 

The security situation remains worrying, as we have been attacked by militias and had to relocate several times for having brought the voice of the victims before international justice. To this day, the perpetrators see us as their enemies, yet we continue to do our work. In 2008, in between bringing women’s voices to The Hague, our colleague in Bunia was assaulted with machetes and was shot in her ankle. Her husband and son were beaten up, the house and all of their belongings destroyed. Our other colleagues and I have suffered death threats, physical violence, and each time our property has been completely looted or destroyed. I have moved from one city to another, bringing my family, my husband and five children with me into hiding since 2002. I am lucky to have an amazing family supporting this work in the midst of such madness. My children and my husband support me a lot. 

What is our inspiration and motivation to never stop this work? 

The survivors who recover. For example, Léonie Wangivirwa, 51 years old, a survivor of three sexual assaults, is supported by SOFEPADI, treated and her psychological state is followed-up. She is trained in law and knows her rights. She has now become an agent of change since 2010. She supports other victims in court and educates younger and older people about the consequences of rape. 

The surviving girls who return to school are successful in graduating. An orphan girl told me her story: “Before meeting SOFEPADI, I was kicked out of school every day because my older brother was no longer willing to pay my school fees after I was raped. But since I have received support from SOFEPADI, I am admitted back to school. SOFEPADI pays my school fees. SOFEPADI is my family.” 

A woman also told us: “You need to continue organizing your actions. They give us back our dignity. Because when my family and members of my community attend the hearings, they see the convicted perpetrator and they understand that the victim is really me.” 

Congolese women, their children and the entire Congolese people have suffered a lot. And the country is once again poised on a precipice with a real threat of great violence sweeping the country for another period of war. Sexual violence is like a spider’s web. 

It is a plague. It is also a symptom of the breakdown of the law, and of the absolutely inferior status of women in our country. Rape is based on power. And the power balance in this matter is the following; women are an absolute zero, while men are the absolute winners. This is why we fight, this is why we work day and night, and this is why we will never stop working to change this equation that always leads to violence. In other words, we are working for peace! 

Fighting against all other forms of violence against women – not being able to go to school, being deprived of nutrients with protein in certain villages, not being able to open a bank account or start a business, not being able to peacefully walk the streets, without benefits that the state should be providing (education, justice, respect for human rights and democracy), we will never have an actual peace. Without peace there is no justice, without justice, there is no equality, and without equality, there is no dignity,  which is the most essential human right of all. 

On behalf of SOFEPADI, Women of Congo, I thank you for this award as we work so hard in a state of complete darkness. We thank you for acknowledging this 20-year struggle that is not yet over, for shining bright and for sharing the hope that this battle of brave, strong and invincible women will prevail and that we will bring peace to our beautiful world. 

I thank you.  

10th Annual Geneva Summit for Human Rights and Democracy, UN Opening, February 19, 2018

Speakers and Participants

Julienne Lusenge

Leading women’s rights champion fighting rape as a weapon of war in eastern Congo, president of Female Solidarity for Integrated Peace and Development

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