Ending A Cycle of War with Rebecca Kabuo

Rebecca Kabuo, Congolese human rights activist who has been arrested more than a dozen times during peaceful protests and, in 2015, was dubbed the youngest prisoner of conscience in the world, addresses the 12th Geneva Summit for Human Rights and Democracysee quotes below, followed by full prepared remarks.

On DRC being a member of the Human Rights Council:

“My country, the Democratic Republic of Congo, is a member of the UN Human Rights Council. It is a true aberration. There is no democracy, free expression or the right to demonstrate.”

On becoming a human rights activist:

“We live in destitution, we do not have drinkable water.”

“I joined LUCHA to fight for access to water health education electricity.”

“I am repressed by the regime, but I will fight for access to water.”

On corruption and lack of democracy in the DRC:

“For three decades, the DRC has been the victim of poor governance, corruption and insecurity. Many people have been cited of crimes, but the perpetrators have gone free and they are the ones in power!”

“My country is called the Democratic Republic of Congo, but there is no democracy, and we don’t have a Republic.”

On cycle of war on DRC and fighting for change:

“I have grown up in a country of war, but will I die in a country where war prevails?”

“There has been impunity, abductions. The population is fleeing.”

“We have a cycle of war that brings in hate to my country. We will fight for nonviolence because it is liberating.”

“With nonviolence we can bring about change in my country.”

On being arrested and imprisoned:

“The first time I went to prison I was only 20. I have been arrested more than a dozen times. But, these experiences did not push me to give up. They forged me.”

Full Remarks in French. See below for English

Je voudrais d’abord remercier les organisateurs de cette conférence qui me permettent d’exprimer la voie de nombreux congolais qui vivent dans le désespoir. Et remercier la communauté internationale y compris les diverses ONG pour leur intérêt accordé à la RDC, mon pays.

C’est très important pour moi de parler à Genève, à la veille du Conseil des Droits de l’Homme, dont la RDC est membre. Pour être membre de ce conseil, un pays devrait montrer l’exemple et respecter un certain nombre de critère en matière de respect des droits de l’homme. Or la RDC bafoue les droits de l’homme en toute impunité et reste membre du Conseil des Droits de l’Homme. Une vraie aberration !

Je m’appelle Rebecca Kabuo ; j’ai 25 ans. Je suis une jeune femme activiste au sein de la société civile de la République démocratique et militante au sein du mouvement citoyen Lutte pour le Changement, qu’on appelle communément La LUCHA. C’est un mouvement non-violent, engagé depuis mai 2012 dans la promotion de la bonne gouvernance, la démocratie, la justice sociale et la dignité humaine.

Notre lutte quotidienne est de contribuer à une prise de conscience collective dans l’objectif de rendre notre population responsable et acteur de son propre changement. La mission de notre mouvement est d’amener la population à être exigeante et défendre ses droits d’une part et de rendre les autorités redevables d’autre part.

Notre vision est de construire collectivement un Congo Nouveau, Libre, Uni, Fort et Prospère au cœur de l’Afrique par le courage inaliénable et par des actions non-violentes de Congolais eux-mêmes.

Je me suis engagée dans la lutte à 19 ans,  en découvrant que c’était encore possible de se lever. J’ai participé à plusieurs campagnes de mobilisation organisées à l’époque par des jeunes dont je ne connaissais pas l’identité collective. Bien sûr, j’y voyais certains étudiants et leur détermination m’étonnait. De plus en plus je comprenais que ces jeunes se battent contre les maux qui devaient cesser et on était tous d’accord. 

J’ai alors rejoint la LUCHA pour participer à cette lutte. Nos revendications sont à la fois d’ordre socio-économique comme l’accès à l’eau, aux soins de santé, à la sécurité, à l’éducation, à l’électricité, au travail, mais aussi d’ordre politique à travers la lutte contre la corruption, l’impunité et la promotion de la démocratie par l’organisation des élections libres, crédibles et transparentes. Tel est le sens de notre participation au processus électoral de l’année passée.

Depuis trois décennies, la RDC est victime de mauvaise gouvernance, de corruption, d’insécurité et des violations graves des droits de l’homme. Différentes personnalités ont été citées dans des cas de crimes humanitaires et crimes économiques. Mais les auteurs de ces crimes sont toujours en liberté.  En outre, au nord-est de la RDC (dans la région de Beni), les groupes armés (à l’instar de l’ADF) continuent de massacrer, violer et enlever en toute impunité, forçant les civils à la fuite.

La LUCHA plaide aussi pour stopper les violences dans l’Est du pays notamment dans la région de Beni. Il faut contraindre le gouvernement congolais à intervenir militairement contre les ADF et autres groupes armés avec l’aide de la MONUSCO pour protéger les civils dans le cadre de son nouveau mandat.

Cela doit s’accompagner des enquêtes internationales neutres et crédibles afin de juger les auteurs de ces violations graves de Droits Humains.

Mon engagement m’a valu plusieurs répressions violentes et emprisonnements. La première fois que je suis allée en prison j’avais 20 ans, et en 2016 j’y suis restée 6 mois. A l’époque, j’étais la plus jeune prisonnière de conscience. J’ai été arrêtée plus d’une douzaine de fois, pendant des manifestations pacifistes et non-violentes. J’ai été torturée par la police et les services de l’état qui étaient contre le combat de la LUCHA.

En prison, j’ai compris plusieurs réalités : par exemple que l’image de notre pays est le reflet de nos prisons. De lieux où rien n’est sous contrôle. Où tout le monde s’improvise pour faire régner sa loi. Des lieux qui font l’objet de financements souvent détournés et où les pensionnaires sont traités comme de sous-humains, abandonnés à leur triste sort. Des prisons où personne ne se soucie des conditions dans lesquelles vivent les femmes. Étant un lieu où règne la loi de la jungle, j’y ai vécu avec tant de femmes qui n’ont plus de force et dont le souci de vivre avec dignité ne faisait écho nulle part. J’ai aussi une expérience douloureuse avec ces centaines de prisonniers qui, comme moi, se voyaient être détenus sans procès équitable. Ainsi la prison devient un instrument d’aliénation et de soumission de ceux qui ont le pouvoir de l’argent sur ceux qui n’ont presque rien. Aujourd’hui, j’ai aussi fondé mon association pour venir en aide à ces femmes prisonnières.

Pourtant ces expériences ne m’ont pas poussée à baisser les bras. Au contraire, elles m’ont forgée. Elles m’ont montrée les responsabilités qui sont les miennes et celles de notre génération, celle de lutter pour la restauration de la dignité de tout un peuple. La prison n’est plus un instrument qui me fait peur. L’emprisonnement est devenu plutôt un symbole de ma détermination à résister et à assumer mes responsabilités. Et chaque fois que le découragement tente de m’envahir, je m’inspire de Frantz Fanon qui disait que « chaque génération a sa propre mission qu’il lui appartient d’accomplir ou de trahir ». Moi je préfère l’accomplir. Et c’est le choix de la LUCHA.

Aujourd’hui je vous demande à vous tous d’amplifier ma voix et celle de mes camarades de lutte, la porter plus loin encore et devenir tous des acteurs de mobilisation lorsqu’il le faut.

D’une part, j’encourage la communauté internationale à accompagner le peuple congolais dans la lutte contre l’impunité en plaidant contre toutes les personnes impliquées dans les violations des droits humains et en poussant le gouvernement congolais à créer un tribunal spécial pour établir les responsabilités,  rendre la justice et permettre la réparation aux nombreuses victimes.

D’autre part, j’invite chacun de vous à faire parler de nous, de nos victoires et de ne jamais nous lâcher, nous les jeunes qui avons tant besoin de votre solidarité.

Agissez en soutenant notre effort dans des lobbyings/plaidoyers, en portant plus loin notre voix, en utilisant les réseaux sociaux et les médias, et faire reconnaître nos efforts, de faire mettre en place un État où règne la justice sociale et la dignité pour tous, un pays où il fait beau vivre !

Je vous remercie.

Full Remarks in English

I would first like to thank the organizers of this conference for allowing me to convey the voice of many Congolese who live in despair. I would also like to thank the international community, including the various NGOs, for their interest in the Democratic Republic of Congo, my country.

It is very important for me to speak in Geneva, on the eve of the Human Rights Council, of which the DRC is a member. To be a member of this council, a country should set an example and fulfill a certain number of criteria in terms of respect for human rights. However, the DRC flouts human rights with complete impunity and remains a member of the Human Rights Council. A real aberration! 

My name is Rebecca Kabuo; I am 25. I am a young woman civil society activist in the Democratic Republic of Congo, as well as in the citizens’ movement “Front Line Defenders,” commonly known as “La LUCHA.” It is a non-violent movement, established in May 2012 focusing on the promotion of good governance, democracy, social justice and human dignity.

Our daily struggle is to contribute to a collective awareness with the aim of making our people responsible and involved in their own emancipation. The mission of our movement is, first, to engage our people in demanding change and support of their rights and, second, to ensure that the authorities are accountable. 

Our vision is to collectively build a new, free, united, strong and prosperous Congo in the heart of Africa through the inalienable courage and non-violent actions of the Congolese themselves. 

I got involved in the cause of our movement at 19, discovering that it was still possible to rise up. I participated in several mobilization campaigns organized, at the time, by young people whose collective identity I did not know. Nevertheless, I met with some students and their determination amazed me. As time went by, I realized that these young people were fighting against evils that had to end and that we were all in the same boat. 

I then joined “La LUCHA” to take part in their struggle. Our demands are both socio-economic in nature, such as access to water, health care, security, education, electricity, work, but also political in fighting against corruption, impunity and the promotion of democracy through holding free, credible and transparent elections. That was the meaning of our participation in the electoral process last year. 

For three decades, the DRC has been a victim of bad governance, corruption, insecurity and serious human rights violations. Several political actors have been charged in cases of humanitarian and economic crimes. But the perpetrators of these crimes are still at large. In addition, in the northeast of the DRC (in the Beni region), armed groups (like the ADF) continue to massacre, rape and kidnap with no culpability, forcing civilians to flee. 

“La LUCHA” also pleads for ending the violence in the east of the country, particularly in the Beni region. The Congolese government must be compelled to intervene militarily against the ADF and other armed groups, with the help of the United Nations Organization Stabilization Mission in the DRC to protect civilians within the framework of its new mandate. 

This must be accompanied by neutral and credible international investigations in order to bring to trial the perpetrators of these serious human rights violations. 

My commitment earned me several violent constraints and imprisonments. The first time I went to prison I was 20 years old, and in 2016 I was incarcerated for six months. At the time, I was the youngest prisoner of conscience. I have been arrested more than a dozen times, during peaceful and non-violent demonstrations. I was tortured by the police and state services who were against the cause of “La LUCHA.” 

In prison, I realized several things. I realized, for example, that the situation in our prisons reflects the image of our country. These are the places where nothing is under our control. Everyone improvises to enforce their own law. Places that are the subject of often insufficient funding and where residents are treated like sub-humans, abandoned to their sad fate. Prisons where no one cares about the conditions in which women live. Being a place where the law of the jungle reigns, I lived there with so many women who no longer had any strength and whose concern to live with dignity was not echoed anywhere. I also had a painful experience with these hundreds of prisoners who, like me, saw themselves being detained without a fair trial. Thus prison becomes an instrument of alienation and submission of those who hold power and have money, over those who have almost nothing. Nowadays, the organization that I founded aims to help these women prisoners. 

Yet these experiences did not push me to give up. On the contrary, they forged me. They showed me the responsibilities that I personally have and those of our generation, that of fighting for the restoration of the dignity of an entire people. Prison is no longer an instrument that frightens me. Rather, imprisonment has become a symbol of my determination to resist and assume my responsibilities. And whenever I am almost overwhelmed with discouragement, I draw inspiration from Frantz Fanon who said that “each generation has its own mission which it is up to it to accomplish or betray.” I prefer to accomplish that goal. And it is also the choice of “La LUCHA.”

Today I ask you all to amplify my voice and that of my colleagues in struggle, carry it even further and become actors of mobilization when necessary.

On the one hand, I encourage the international community to support the Congolese people in their fight against impunity by pleading against all those involved in human rights violations and by pushing the Congolese government to create an ad hoc tribunal to establish responsibilities, deliver justice and allow reparation to the many victims. 

On the other hand, I invite each of you to talk about us, about our victories, and never let go of us, the young people who need your solidarity so much. 

Take action by supporting our effort in lobbying and advocacy, by carrying our voice further, by using social networks and the media, and having our efforts recognized, to establish a state where social justice and dignity for all prevail, a country where life is worth living! 

Thank you.

 

12th Annual Geneva Summit for Human Rights and Democracy, UN Opening, Monday, February 17, 2020

Speakers and Participants

Rebecca Kabuo

Congolese rights activist named the world’s youngest Prisoner of Conscience

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